Et souvent, je me fixe, la face bien droite pour ne pas te la montrer, pas la perdre, pas la pencher.

Où sont passées nos errances ?

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Heureux, ce gosse en moi, qui s'est nourri damné en années, de soirées en saletés, son corps de fille fraîche, chair à serrer, et son coeur de brute bête, bête à buter.

Tu n'es pas infâme. Plutôt affamé.

Et je t'embarque pour ton tour de cirque, ton tour de piste, beau de cabot bâtard, et ça fait le lion au lit des puces, où on te taille des pipes, où tu te tailles des parts. Tu aimes ça, ton corps qui couche et se cache entre les jambes, contre 2 seins ronds, entre 3 bars.
Autour, tous les mecs comme toi, affairés à fourrer, la carte dorée qui rentre et sort et rentre et sort, jusqu'à se vider, et ces peaux humides sous mes reins, jouir par derrière, et putain ! cette lueur de rose ville, c'est ton oeil d'alcool qui vrille mais on est déjà demain ?

Gamin, vraiment, je ne sais pas trop quoi faire de nous, plus trop quoi foutre de toi, qui t'enfuis et qui t'en fous. Et je te suis inlassable, te talonne sans te lâcher, tente vaguement de te raisonner : mais tu vois bien qu'on ne court plus des nuits à l'aube, on ne fourre plus à tout va, presque plus, enfin, presque pas.

Mais ! tu me gueules, "Les jolis autres et leur vie de merde !" 

ça te tue un peu, je comprends bien, ouais, ça ne te tente pas. 

Je te paye des verres et des virées, je t'emmène faire la queue au comptoir, au fond fin des filles en file, même si je t'engueule, même si je t'aligne : oublie-les, tes 15 shots pour 4 chattes éclopées ! tout ce bordel, merde ! et pour te faire oublier qu'être rangé plutôt qu'en rage, laisser filer les bonnes sans les bourrer, prendre du repos au lieu de se vider, c'est trop calme, ouais, mais ce n'est pas si mal. Mené.

Mais encore, tu m'attrapes les doigts, à me faire courir dans les gares pour y voler des trains et rouler quelques heures, très grandes, au loin, chercher quelque chose pour te remplir l'estomac, peu importe qui, souvent n'importe quoi, mais faire oublier que toi et moi, le Propre, on ne connait pas et que sans rien de ce Noir, toujours, on meurt de faim, on crève de froid.

Et j'ai beau faire la sage, là, les yeux cernés fermés, je ne suis pas sûre de nous, pas sûre de moi. Je compte les erreurs, les heures de sommeil sur le chemin, oubliées. Et te ramener au paddock au petit matin, dans ses minutes neutres bien triées. Te coucher à demi-mort, te laisser cuver.
Et de nouveau à terre, s'interroger.

Ces putain d'errances, bordel, où sont-elles passées ?

Pas d'autographes, merci

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Par a-demi-maux le Mercredi 23 mars 2016 à 18:17
tes écrits se font rares.. mais putain que c'est bon de te lire <3
Par imparfaiite le Vendredi 20 mai 2016 à 12:16
C'est fort <3 c'est beau
 

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