" Y'a des attrape-rêves et des attrape-mouches.
Toi, t'es un attrape-relations amoureuses bancales, Mave. "
( X, 17 février au soir devant ses cigarettes et ma liqueur de cerise )
J'attire ce qui est bancal c'est vrai,
tout ce qui boîte,
ces morceaux d'amour aux jambes cassées entre mes genoux qui se déboîtent
et mes chevilles de poupée.
[ En redécouvrant Rambuteau, ]
du bout de ma cuillère dans le café, j'ai retracé l'étonnant souvenir de Diana. Ses baisers couleur mois de juin, les cafés près de Gambetta, sa soeur toujours ivre, les nuits de chaleur à moitié nues, son bras autour de mes épaules quand on se traînait jusqu'à l'aube... Diana attirait toujours la musique et pendant un temps, j'ai attiré Diana. Elle couchait avec son mec près de Vincennes et on trouvait ça normal. On ne s'aimait pas, on ne faisait pas l'amour, on n'était même pas ensemble, c'était simple et c'était bien. Je l'embrassais devant ses copains parce qu'elle aimait ça.
La nuit tombe souvent sur Beaubourg et c'était la première fois que je repensais à elle. J'ai revu nos peaux sur le gravier, la façon naturelle qu'elle avait de nous égarer dans Paris, ses rires qui fendaient l'obscurité quand elle avait trop bu. On passait sa vie dehors, entre deux immeubles, et je sentais sa tête sur mon épaule quand je regardais ailleurs. Tout le monde se couchait tôt aussi à cette époque-là et on rigolait de s'endormir en voyant le jour par la fenêtre. On se moquait de leur besoin de dormir, du sommeil, et ça nous faisait sourire dans le noir.
Cette année-là, je n'étais encore jamais tombée amoureuse. J'étais douloureusement folle mais je tenais vaguement debout sans équilibre, funambule à deux balles, même quand on perdait des heures à désapprendre la ville sous nos pas. Ca hurlait toujours dans ma tête mais je n'avais d'espoir en personne et c'était ça, l'agréable. Je ne connaissais de Sainte Anne que la rue, personne ne débarquait chez moi à minuit pour pleurer dans les pâtes à cause d'un message, on ne me parlait pas de mecs ou de solitude.
Aujourd'hui je règne sur le monde, Diana a disparu et il me restera toujours Paris.
J'ai souffert jusqu'à en vivre, j'ai aimé à crever, et je suis un peu moins libre qu'avant.
Tyran despote, trop belle, trop Moi, trop "forte".
Je ricane, et les cons m'amusent.
J'ai quitté l'imprévu, le sourire au vent. Mon genou me faisait mal mais j'ai quand même couru sur le chemin du retour.
[ Les femmes sont des créatures que je voudrais abattre. ...
Mais il y aura des trains que l'on ne louperait pour rien au monde, un Amour dont on ne pourra jamais lâcher la main, des Ciels que l'on réveille et qui ont des voix à jouir, et des cheveux oranges un peu effacés qui se cacheront toujours un peu dans les Halles. ]
Je vous hais, Femmes de ma vie +++














