" Y'a des attrape-rêves et des attrape-mouches.
Toi, t'es un attrape-relations amoureuses bancales, Mave.
"
                                ( X, 17 février au soir devant ses cigarettes et ma liqueur de cerise )





J'ai souri simplement, en regardant les lumières de la ville. J'avais déjà oublié le cinéma, cette sensation de liberté en courant dans les rues, mon sourire quand il avait commencé à pleuvoir, cette envie de partir, de ne plus aimer autant.
 







J'attire ce qui est bancal c'est vrai,
tout ce qui boîte,
ces
morceaux d'amour aux jambes cassées entre mes genoux qui se déboîtent
et mes chevilles de
poupée
.








[ En redécouvrant Rambuteau,    ] 
                                                                              
                                                                                       du bout de ma cuillère dans le café, j'ai retracé l'étonnant souvenir de Diana. Ses baisers couleur mois de juin, les cafés près de Gambetta, sa soeur toujours ivre, les nuits de chaleur à moitié nues, son bras autour de mes épaules quand on se traînait jusqu'à l'aube... Diana attirait toujours la musique et pendant un temps, j'ai attiré Diana. Elle couchait avec son mec près de Vincennes et on trouvait ça normal. On ne s'aimait pas, on ne faisait pas l'amour, on n'était  même pas ensemble, c'était simple et c'était bien. Je l'embrassais devant ses copains parce qu'elle aimait ça.



           La nuit tombe souvent sur Beaubourg et c'était la première fois que je repensais à elle. J'ai revu nos peaux sur le gravier, la façon naturelle qu'elle avait de nous égarer dans Paris, ses rires qui fendaient l'obscurité quand elle avait trop bu. On passait sa vie dehors, entre deux immeubles, et je sentais sa tête sur mon épaule quand je regardais ailleurs. Tout le monde se couchait tôt aussi à cette époque-là et on rigolait de s'endormir en voyant le jour par la fenêtre. On se moquait de leur besoin de dormir, du sommeil, et ça nous faisait sourire dans le noir.

                       Cette année-là, je n'étais encore jamais tombée amoureuse. J'étais douloureusement folle mais je tenais vaguement debout sans équilibre, funambule à deux balles, même quand on perdait des heures à désapprendre la ville sous nos pas. Ca hurlait toujours dans ma tête mais je n'avais d'espoir en personne et c'était ça, l'agréable. Je ne connaissais de Sainte Anne que la rue, personne ne débarquait chez moi à minuit pour pleurer dans les pâtes à cause d'un message, on ne me parlait pas de mecs ou de solitude.

Aujourd'hui je règne sur le monde, Diana a disparu et il me restera toujours Paris.
 
J'ai souffert jusqu'à en vivre, j'ai aimé à crever, et je suis un peu moins libre qu'avant.
Tyran despote, trop belle, trop Moi, trop "forte".
Je ricane, et les cons m'amusent.










           J'ai quitté l'imprévu, le sourire au vent. Mon genou me faisait mal mais j'ai quand même couru sur le chemin du retour.





 

[  Les femmes sont des créatures que je voudrais abattre.        ...  
           Mais il y aura des trains que l'on ne louperait pour rien au monde, un Amour dont on ne pourra jamais lâcher la main, des Ciels que l'on réveille et qui ont des voix à jouir, et des cheveux oranges un peu effacés qui se cacheront toujours un peu dans les Halles. ]

 

 

Je vous hais, Femmes de ma vie     +++

 



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                                                               " Et ces filles qui prennent la vie et le sexe 
                                                                                                     pour des histoires d'amour... "



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Mozart habite dans mon appartement, ses opéras d'artiste mort à côté de mes bouteilles vides. Je lui prête ma chambre pour chasser mes petites filles d'angoisses, meubler la maison. Il s'installe dans ma chambre, il aime la décoration. On discute baise et maîtresses, ses personnages s'aiment et ce soir, la Reine, c'est moi.

On a passé la Saint Valentin en mon honneur, mes verres sales au fond de ses sublimes de notes, les livres éparpillés et moi, presque sourde de son art, (même pas) ivre morte.

 
 

- "Tu sais ce que c'est, un Valentin ?"
- "Je m'en fous, je m'appelle Wolfgang."
 



Mes amours de femme sont lointaines, et Je n'adore que Moi. Une Sublime horeur, Bizarrerie du siècle, As de Pique toujours, la Meilleure des Meilleurs.                   Impératrice des Putes adulée, admirée, crainte, délaissée.
On me lèchera les bottes et la peau, à supplier de me ressembler.
 
 

- "Vous aimez l'art ?
- Je m'aime moi.
- C'est une philosophie...
- Non, c'est de l'intelligence.
- Ca se définit comment pour vous, l'intelligence ?
- Il n'y a qu'à me regarder."


                                                                                                                                                            

                                                                                                          Je me suis baisée devant le miroir

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                                                            M a l a d i v e m e n t     
                                                             é                      o
                                                             d              P U   A
                                                     M O  i                      S
                                                             c
                                                 M i g r A i n e
                                                            m
                                                            e
                                          Moitié de Nuit
                                          o                t
                                          r
                                          t
                                         e
                                         .
                                         .
                                         .
                                        ?



                                     Non.
                       Même pas un cauchemar
.




        Et puis je crois que j'ai pleuré.              J'ai pleuré des jours entiers ce soir-là, la tête entre mes coudes. Je n'avais plus pleuré comme ça depuis deux ans. Personne pour le voir, merci. Personne personne personne. Tant-mieux-tant-pis-trop-tard. J'ai saigné du nez, en regardant les taches sur le tapis. Alcool triste sans alcool. Il n'y a plus de vodka et je pisse du sang au-dessus de l'évier. J'ai des rivières à la place du visage. Haha.
     L'Adulte m'a regardé, bras croisés. Connard prétentieux égocentrique élégant calme salaud toujours raison. Tout moi. Je lui ai répété que j'avais compris.



                    "C'est bon... Ne t'énerve pas. Je vais lui parler."



       Hochement de tête vague, talons tournés. Gros con. La Douleur, ce n'est pas son domaine. J'ai fermé les yeux un long moment, le métal du sang dans ma bouche, en rouge à lèvres et à vomir, et quand je les ai rouverts, je dormais. 


       La douleur qui perforait déjà ma tempe gauche m'a réveillée à 6 heures, et j'étais toujours en vie. Dormi une poignée d'heures, tordue de torturée, étranglée dans ma couette. Je n'avais rien compris, je ne me souvenais pas de tout. J'ai observé ma chambre à travers en état second, fiévreuse de nausées, pathétique. Cette impression de ne rien reconnaître, de découvrir ma vie étrangère, et de détester ce que l'on voit. J'ai vidé tous mes sacs sur le sol encombré pour trouver les médicaments parmi mon maquillage, aveuglée par la migraine, en trébuchant sur les restes de mes journées. Englouti les cachets sans eau, en m'étranglant à moitié.

        Après, j'ai regardé la ville sous mes draps ronds d'orange, dans le bleu glacé du petit matin. A Paris, les oiseaux ne chantent qu'à l'aube. J'ai entendu leurs cris entre les aigus de Mozart, revoyant ainsi d'autres aurores d'insomnies, des nuits blanches cassées, les premiers métros après l'ivresse, les ruelles que l'on découvre au matin... J'ai refermé les yeux sur ces vomissements à souvenirs, mes douleurs pensées-passées, la barre de fer entre mes tempes, et la souffrance d'aiguille, tout au fond de ma poitrine. J'ai refermé les yeux sur tout ça, douloureusement, mais je n'arrivais déjà plus à pleurer.




 

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                                                          " C'est bon... Ne t'énerve pas. Je vais lui parler."



                                                                                                                                  [ ... ]



J'ai compris.
 

Pardon, merci, je sais, ça va, j'ai vu, j'ai ressenti, j'ai cru, j'ai pleuré, j'ai souffert, j'ai appris.
 

Plus jamais.
Je t'en prie.
 

Plus jamais ça, plus jamais. Plus cette horreur, cette douleur, cet amour, cette envie de...
Je ferai attention, promis.
 

Je ferai attention.
 

Et je resterai en vie.

Alors... Plus jamais.
D'accord ?
 

 [ ... D'accord, Mave. D'accord. C'est promis...]

 



 

                                                                                                                                    [ ... ]                                                                                                                            


 



- Elles nous aiment, quand même ?
- Je n'en sais rien. Viens.
- On peut continuer à les protéger ?
- ...
- Mave ? Hein, dis ? On peut...?
- Je verrai ça avec lui.
- Il ne va pas vouloir...
- Peut-être...
- Tu crois qu'il voudra ?
- Je n'en sais rien. Je n'en sais rien et je m'en fous ! Ferme-la !
- ... Et Elle ?
- Elle dort. Elle te laissera tranquille.
- ...
- Allez, viens... L'Adulte nous attend.




 

 


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Levée n'importe quand, à une heure fumée du dimanche.
Rêvé des années entières, pour dormir à peine.
J'ai bu mes éternels cafés, en dépecant des clémentines par la fenêtre. La nausée ne voulait pas partir et j'ai fait avec.

Je passe mes vies de week-end au lit.

L'Adulte me boude, il trouve que j'écris trop.

J'ai des relents de quai de gare, des besoins tordus, une infinité de caprices. Mes drogues à vices ne fonctionnent plus, pas assez, j'ai des trous-à-cauchemars, et je ne me rappelle pas de tout. Je ne suis plus capable de rien, si ce n'est de boire et m'abrutir. C'est mieux, c'est naze, c'est beau, c'est dur, c'est pire.

 ( On me demande si je vais bien... )


           
Et moi, il n'y avait personne pour me dire  
                                                         
"T'es belle,
t'es bonne,
je t'aime."



   [ Je crois que je suis en train de (me-nous-la-vous-tout) perdre. ]  

+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

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                                                              "Ne me demandez pas comment, 

                                    on s'est retrouvés à faire une partie de poker."



                                Ensuite, j'ai relu mes textes jusqu'à 4h du matin et je suis allée me coucher. Une heure plus tard, j'aurais tué pour une bouteille de rhum mais c'est le cauchemar qui m'a réveillé. J'ai rêvé qu'une fille me dévorait le bras et que je la laissais faire en riant. Il est vraiment temps que je me fasse sauter. Je me suis redressée pour regarder Paris, juste le temps de me calmer. Les rues ne sont même pas vides avant l'aube, les gens hurlent et les gens boivent. Ils ont de la chance, ces bâtards, et ils le savent. J'ai repensé à mon rire, et à la position de l'andromaque. "C'est pas tout ça mais quand est-ce qu'on baise ?"       Une femme est endormie à côté de moi. J'ai commencé à la gifler mais j'ai remarqué qu'elle était morte, alors j'ai arrêté. J'ai écouté encore un moment les bruits de pas dans mon couloir, la douleur lancinante à côté du coeur. J'ai abandonné l'échelle, et je suis retournée me coucher. Le corps était toujours là, et l'autre disparue. Pas de sang sur la moquette, juste du vernis mal nettoyé. J'ai quand même laissé la lumière allumée.


" Ca ne va plus alors ? "
" Eh ben non. Ca ne va plus."


           De toute façon, demain matin, je dois sucer à la vanille.


                                            
                  "T'es gentille et t'es mignonne, mais tu me fais quand même bien chier."





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             Vodka 
      cerise     alcool sushi        livreur besoin     

                         musique
       Paris




Je me suis pris un mur en allant ouvrir la porte. Ruinée en futile, je n'ai même plus faim mais j'engloutis, je me vomis de tout ce qui passe, amassée dans le tas, tout au fond de mes tasses.
Je me rappelle quelques heures de soleil, à l'ombre de Bastille. Ca parle sec là-bas, près des Starbucks en terrasse. Ca jase d'avoir et d'amour, de câlins à trois, du cul, du sexe et du dur, ça rit l'avenir, ça radoucit le sourire.

Mais j'ai un nouveau rouge à lèvres, du parfum dans le noir du manteau et la façon dont Ugo me regardait, ma bouche voulant la sienne et le pourpre, mon pourpre de Reine. Je le vois heureux et ça détend. Des douceurs de frère, sa Petite de coeur, sa poupée, Femme de sa vie, sa jolie soeur. Ca sent le chocolat signature près du métro, les repas Indiana de 17h.


Je n'ai pas compris tout de suite. L'escalier filait droit, jusqu'au seuil de ma porte, je n'ai pas vu la chute dans mon verre de vodka.






                         +++    J'ai de nouveau 16 ans, des cutters plein la tête          
                                                                                             
et j'ai peur d'en mourir     ++++





On a réparé le Réel, une fois capable de me relever.
J'ai rampé sur le parquet, à demi de dénudée, en essayant de reconnaître l'appartement. Je me suis croisée dans le couloir, je n'avais presque pas mangé. De l'alcool et du sang, au carrelage des toilettes et sur mes bras, quelque part entre mes cuisses, dans mes vernis, sur ma bouche, dans mes doigts. Je n'ai pas vu mes appels au secours, le téléphone pendu-décroché. Je n'ai parlé à personne, j'ai laissé faire, je n'ai pas crié.

Je me suis fait un café, longtemps après les plaies. Mes fenêtres embaument Paris, ça détend, ça fait rire.

Le lendemain du noir, il a neigé. Mais l'Adulte était de retour, et j'ai pu retourner me coucher.




 

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   3h              Minuit           sommeil       
               personne    Moi     
   Adulte                                dormir             

            et    demain    ? 





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Mots à jeter,            
                                           dans la fureur des coins de table





          Je me nourris de vin et de café, enfermée entre mes folies de mur à mur, amour  d'emmerdes et d'emmur... murées ? Les taches de sang           me harcèlent sur mes chemises. Paris est de retour et je l'exècre. Il y a                      des échelles le long de mes bras, de l'alcool à 90 derrière la porte.           Les gens me parlent et je n'entends pas ou peu, écouter de moitié, s'en foutre et s'en foutre. La musique hurle, je finirai seule. Mes mots puent le rouge, ça s'étale et ça empeste,       colorés rosis faussés, comme des cernes dans les pommettes.         Paume de Reinettte et homme tapi                                           
                                                               

                                    
Je lèche la feuille, appliquée sans censure. Qui a saigné sur la page ? Mon vernis s'écaille.                    Ne ressembler à rien, vraiment à bien  boire à la cafetière, de me faire mal, me faire mal, me faire mal     lam(e), l'a(r)m(e), (b)lâm(e) .   Ca apaise et ça rabaisse,  tabasse  et blesse, oh oui !          Rien n'ira jamais bien et pourtant                              je suis l'As,  piqué d'épines, lasse, épinglé, étripé du mieux, vidé du bien, percé du rien. Fêtes vos "Je", Bien ne rit plus. Je reste là et                                             je m'écrase, ramassée, harassée, des nuits trop longues, terrasséeet ces jeux, ces jours immondes.   

                           
J'oublierai et je t'oublierai, quand je boirai ma mère, votre Père, qui êtes odieux...  je t'avalerai dans les bars,                    entre Aspirine et Cyanure, mes amoureuses du poison, amantes-à-mort, du sexe de sûr. J'écris,         Regarde, je brasse,          mais je coule surtout.                            
                            Plus encore,                  
 je m'écroule.


                                                              Melow me fera un enfant.
                                                                                
                                                                                              
[     Moi, je lui ferai l'A- - - -.    ]




 




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Et on se retrouve Mave. 
               La nuit se traîne et tu griffonnes mot-à-toi derrière le champagne, le salon en bordel et les lumières dans la ville. Tu n'as rien à dire, rien à dire et ça te crève d'écrire aussi mal. Les rues sont silencieuses. Rumeurs de couloir, mes fenêtres se plaignent. Des gens y sont morts, chuchote l'angoisse. Le tapis sous mes pieds Monseigneur, n'ayez crainte, n'ayez Peur. 

          Paris-langue-tranchée.



On voudrait dormir dans des bras, attraper ceux qui se tendent, m'en faire des écharpes et des rideaux; les coudre à       mon corps pour apprendre à avancer, m'écorcher les paumes sur mes cadavres à vouloir les enjamber... Les araignées sont monstrueusement humaines et les femmes n'ont rien à leur envier.

Je

suis
superbe
de
noir,          le corps n'existe plus. Je ne suis que fille à beauté, mes boucles à croquer sur mes épaules. N'est pas gourmandise qui veut. Veuve de chair et sexe ainsi, terre à sienne et chère des miennes. Mes bagues à questions cliquètent mes doigts, trop d'ongles dans la confiture. Le collier qui s'emmêle dans mon cou repoussera les baisers, tandis que la jalousie ne sera plus défaut. Aucun adieu, les caresses flétries des dernières heures.
Déjà 4h pour Chronos.
Les cauchemars sont en retard.



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"Une ville d’ailleurs, perdue quelque part entre deux siècles…"



     Un soir comme un autre, lors d’une nuit de brume carmine. L’heure est à la fête en cette fin d’un décembre inconnu. Mais parmi l’or des vitrines et les ruelles trompeusement joyeuses d’ornement, certains continuent leur travail.

     Une silhouette plantureuse glisse à pas pressés au milieu d’autres. La foule du contre-sens. La cape écarlate qu’elle porte dévoile ses chevilles posées sur des aiguilles, enfoncées sur le trottoir de givre. Son souffle haletant nuage le vent qui tente de la repousser, de la prévenir. En retard ou en fuite ? A-t-elle compris que je la suivais ? Ses talons cognent sa route jusqu’à une porte retranchée dans le noir, une des rares à ne pas être décorées. L’anonyme s’y engouffre vivement : le show va commencer. Ce soir, le spectacle doit être parfait : la solitude est à son comble en 24 de décembre et les clients impatients, avides de chaleur et de semblables, attendent le moment ultime où leurs pensées s’effileront, loin du désespoir d’être seuls au monde.

     Elle s’engouffre parmi les artistes du corps, pour se déshabiller dans les coulisses. Elle s’apprête et se presse, avant de filer à pas vifs derrière le rideau vermeil. Contrairement aux beautés maigres de la Rome antique, ses formes sont rondes et pleines, son corps courbé, taillé dans l’onde. Le club s’est vidé de ses danseurs, de ses musiciens, de ses putes, tous disparus vers un pays « dont on ne parle pas ». Pourtant, elle n’est pas inquiète. Pour elle, délicate naïve, seul demeure le public de masse, avide et bruyant. Son regard me cherche et trébuche, tente de se poser sur mon visage, comme pour appeler mon nom. Je conserve ma cachette d’ombre, suffisamment habile pour la contempler sans subir l’étendue bleue derrière ses cils. Plongée dans sa guêpière et ses mi-bas, elle s’avance enfin sur la scène, à la merci de tout et de tous. A ma merci. Cette envie qui me taraude, celle de la sentir entre mes bras, sa peau uniquement mienne, son cœur dans ma main... Je ferme les yeux, entend à peine l’orchestre. Son image s’incruste sous l’obscurité de mes paupières. Et c’est précisément là, dans un coin de mon corps, réelle, percée de ces regards qui la dévorent, qu’elle commence à vivre.
 
     Elle rentre chez elle, dans le taudis miteux qui lui sert de réconfort sous les toits du monde, dans des odeurs de caresses et de cuisses ouvertes. Combien de fois l’ai-je suivi au détour de ses planches branlantes et câlines, afin de la regarder exister au travers de ces gestes quotidiens du soir, après sa représentation ? Et tandis que mes pas m’y guident, je ne peux m’empêcher de sourire en laissant mes yeux regarder tout ce qui constitue son univers. Pour elle, ce monde construit sur nos souffrances n’existe pas. Cette adulte de gamine, à la joie indétrônable, ne comprend pas les larmes. Drôle de fille pour vendre ses charmes, dira-t-on. Voilà des mois que je les découvre sans artifices, aussi bien corps que âme. Et malgré la pierre qui emprisonne la mienne, j’ai fini par être convaincu, à ses côtés, que sourire est encore possible. Devant le regard d’éternel émerveillement que ma tapineuse-enfant m’offre sur le monde, la neige de notre ville ne pourra jamais fondre.

     Je m’arrête. C’est là, dans ce morceau de vie à lucarne, que se trouve ma princesse catin sans soie, reine de mes nuits blanches bien avant le début de l’hiver. L’aiguille de ma montre tape contre ma tête, tandis que je frappe à la porte. Il est bientôt l’heure : je suis en avance. Nous passerons la nuit entière ensemble, afin de voir arriver Noël l’un et l’autre accompagné. Pas d’argent, juste du sexe. Et qui sait, un peu de tendresse. Quoi d’autre… ? 
     Le panneau de bois usé s’ouvre, bruyamment.



 «  Je croyais que tu ne viendrais pas ! »


     Son ton est vif, heureux. Comme toujours. Elle m’attire à elle, de ses bras ronds, dans les vagues de sa robe rouge et usée.


 « J’ai fait à manger ! Pour nous deux ! »


     Ma faiblesse est terrible. Je l’embrasse malgré tout, avant de prendre la parole.


 «  Sortons, pour changer. J’aimerais te faire voir la ville. »

     Elle rit, en m’enlaçant. 



 « Et pourquoi pas le monde ?! Hein ? Le monde en un soir de Noël !»


  Je souris par vague, distraitement. Mon esprit n’est pas à la fête, et rester humain m’est difficile. Sans un mot, je l’habille de sa cape autrefois couleur vive avant de l’entraîner dans le couloir, ses bras noués autour de ma taille. Cette ceinture de chaleur me ramène à elle, ma douceur de courtisane. Sa joie résonne contre les murs, tandis que nous nous rapprochons du froid et de la neige.

 
« Tu vas me montrer le monde ! »

 
     Au-dehors, tout a disparu sous le blanc et le rouge, ce rouge qu’elle porte si bien. Persiste la voiture, appelée il y a un quart d’heure. Finalement, nous sommes en retard. Et moi qui ne regarde qu’elle, tellement heureuse ainsi noyée dans sa cécité insouciante. Presque belle. J’en rirais de plaisir.


 



     Le fourgon l’a embarqué sans douceur, une fleur que l’on arrache. Elle continuait de sourire, tandis qu’on l’affublait de l’étoile jaune, en la parquant avec les autres. La croix gammée, cachée sous ma manche, demeurait dans mon horizon alors que je la regardais partir, elle et eux, vers un autre monde. Le pays « dont on ne parle pas ». Celui des camps. Les camps de la mort. Je fixai le véhicule, évanescent à son tour dans l’étendue vierge. Autour de nous, minuit était déjà passé depuis longtemps. J’enfonçai mes mains gantées dans les poches de mon manteau avant de faire demi-tour.


 « Tu me le montreras hein ? »
 

 
 
 
 

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     C’était un soir de Noël à Berlin, en l’hiver 1943.
               C’était la fin du monde.


Publié par MavangElle


Je me pends et toujours tu m'étrangles, à grand coup de "tue !", à claquement de sangles. Adieu amis, crevez en paix. Haha ! Bang bang ! Du massacre des existences minables imbéciles et fumiers imatures inquiéter les cons mourir d'en mourir sans moi ! Quelle Reine cette pute plus belle encore plus forte plus forte ! Expulse encore dégueule dégomme dégage. Je m'adore et m'adore ignoble bête une antre des cages vous tous abrutis. Vous écraser à moi seul succube mes Enfers le monde en miette royaume
de merde je règne de sang rêve crève mais crève ! Mourrez mourrez-tous brisez vous broyez moi. Appréciez l'horreur Satan Demoiselle Princesse des mouches Majesté Lilith Dame mère Gaïa chair à mon coeur fidèle je jure sur ma tête surtout la vôtre décapitez sachez qu'une tête ça se coupe Enfant déesse Madame des bordels moi et moi-même unique Cerbère hahahahahaha

                                  C'est vous que je vomis, c'est moi c'est moi c'est moi moi la meilleure, putain, meilleure putain hahahahahahahaha toujours sans trône ni Roi boulevard des mots ça y est mon dieu, reviennent, affluent, empalent, salauds si longs, repoussés par ma faute le Réel m'étouffe et m'attrape ne plus aimer merci merci abandonner planter noyer le train partir me tirer de tire d'aile où donc ailleurs sans vous sans nous ma conscience s'égare à mort les suicides à mort

tifiée de vous voir vous supporter vous croiser frôler votre main vos corps compressés empaquetés soudés à mes bras moi qui m'étire des barres de fer dans les reins éparpiller mes côtes morceaux puzzle sans cesse plus rien ne tient plus rien







 

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Publié par MavangElle

La Reine titube, Succube-Réel, Vivre à haïr, mourir nom de dieu.


Et vous vomir,


Vous vomir,
vous vomir,
vous vomir,
vous vomir
vous vomir
vous vomir
vous vomir
vous vomir
vousvomir
vous vomir


Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha.


Vous vomir...


 

Publié par MavangElle


                                                     _______Ma cage d'oiseau entre vos murs, les seins truffés de plomb à saler le sang et les larmes pour noyer le poison.



                       Je fume mes aiguilles et je n'ai plus assez de toile
entre mes vies de machine, à coudre ou à tuer, 

                               à survivre,
      surfiler justement,
               et plus que tout s'enfuir mon dieu, 
                                                    s'enfuir ! 

 

                               Je passe ma vie en collants et en manches grises__ la jupe rouge tartan pour exciter le prof de pub. Je ne suis même plus fatiguée, c'est vrai, à moitié morte seulement, ___adieux des sommeils au petit jour et les tasses géantes noyées dans le café. Je ne vais pas bien, je ne vais pas mal, aller simplement, de l'avant sans barrières, des pensées arrières-devant, toujours la même, un peu plus forte, un peu plus seule mais arc-boutée, accrochée, à quoi, à cran. [ Je n'écris plus autant ]__ Les livres abandonnés, les chaussures qui se tordent et les rideaux tirés, mes bagues-à-mode-à-perte, je ne suis pas une fille non, je vous emmerde.
             J'apprends à vous oublier et à me taire, je te laisse m'écouter tu vois____ et un autre s'éloigne, et un autre s'en va. Le téléphone ne sonne plus, faire l'amour m'agace___ je délaisse le beau sexe à mes amis, étonnés de me savoir fidèle___
[ "Ah bon, tu aimes ?" ]__ On me dit hargneuse. Je mords et je griffe, à tort-tueuse et tuer qui alors ? J'ai des envies de trains et de gares lointaines, déjouer Rouge et la ville dans ma tête, les dames distordues, mon alcoolisme mondain_ Je voudrais qu'on décide et qu'on me dise, savoir crever ou vivre merci, et demander de l'aide sans doute, appeler, supplier... puis ainsi, retomber. 

     
" Et j'en aurai pleuré dans mon lit, des vies entières, à me détester de t'aimer ainsi, à t'en vouloir, à ne plus en pouvoir et puiser pute sait où, le courage, revenir vers toi, te subir et m'ouvrir à veine, t'étrangler comme on préfère, te frapper des heures à mort, vidée d'entière, écoeurée de toi. "


                                             Tu peux refermer la porte Salope, je ne reviendrai pas.



    http://mavangelle.cowblog.fr/images/Bang1.jpg    http://mavangelle.cowblog.fr/images/Bang4.jpg    http://mavangelle.cowblog.fr/images/Bang5.jpg                                                

                                                                                         Bang ! Bang !  

                                                                                           They Shot Me Down...


Publié par MavangElle



Septembre mon favori.                             Comme tous les autres.

Les murs bourrés d'hiver à en geler et cette saloperie de café qui ne brûle pas assez. Je me shoote de chaleur en tasse. La Puce n°22 s'est tirée en bus et je dois sortir bousiller ma peau dans les rues froides. Rien à manger, aucune envie, besoin de "je ne sais pas, je ne sais quoi" et puis merde, laissez-moi. Ma couette joue les amants et même si des ampoules ont explosé durant la nuit, la ville elle, est toujours bien là derrière les voiles. J'ai lâché mes rideaux rouges d'or et blanc années de poussière et j'ai eu la main lourde sur la vanille. Ma chambre suinte du sucre et du thé éparpillé sur le sol, parmi les cookies désormais froids, et je me noie d'écoeurement, si contente de grossir pour ne plus avoir à m'habiller. C'est doux et c'est triste, cette incapacité à dormir en fermant les yeux, la pluie qui embrume plus que les larmes, tout ce froid de fille d'avril et ce goût de parquet trop bien ciré.

Mes stylo sont magnifiques et je fais semblant d'écrire. Ma vieille année méritait bien un peu d'encre, mais rien n'est sorti et le quotidien me va mieux que les cicatrices. Mon bras gauche va bien, merci. J'ai de la compote de pommes dans les épaules et des cernes d'amande à cause du mascara. Il y a du rouge à lèvres sur l'oreiller, juste à côté des cauchemars et de la main disparue. Il fait fuschia d'orange dans les coins de mon lit, j'ai des pulsions nectarines. J'ai les cuisses ensanglantées, des fausses couches sanguines de l'été. Ca meurt et ça se débat là, dans mon ventre de métisse, tordue de douleur entre les nouveaux draps. Ca y est, c'est fini tout ça. Je n'écris plus rien de bien et il est déjà l'heure.



[ Une journée colorée,
comme seules peuvent l'être les journées grises...     ]


Publié par MavangElle


10 millions d'étonnement déçu blessé, la tête direction bitume du coeur abaissé, pour cacher le bruit trop fort, Tic Tac toqué, détraqué, et le reste en lambeaux, bousillé, arraché.
10 siècles de colère orpheline et hurlante, rouge à mesure de se demander le pourquoi du pourmoi et surtout, surtout, pourquoi moi ?
10 000 nuits enfoncées sein gauche, dans les poignets couturés de veines et bleues du ciel, à saupoudrer les plaies jusqu'à ne plus avoir mal.
10 secondes à vouloir retenir les instants mes Inutiles, qui s'échappent, qui s'enfuient, en se disant que peut-être l'aiguille passée l'heure de cinq ira poignarder l'épaule.
10 fois encore la question du "Dis-moi l'heure ?", à découper, tranches saccadées, toujours un peu moins le temps c'est vrai, qui fuit et à vouloir profiter un peu plus, un peu plus près.
10 tasses de café noir enfilées, à désirer des bras brûlants encore, chauffés à blanc, à bras le corps, à chasser l'hiver de l'être en s'enserrant autour de soi, un chat-pelote, des caresses d'étreintes miaulées redorées, fumées éteintes.
10 lacs arides d'avide, des larmes de cascade derrière les roseaux de cils, les yeux si noirs pourtant, et bien trop de mare en marre dedans, de ne pas apprendre à pleurer suffisamment, de pisser l'alcool et couper de rage avec l'eau du sel.
10 paires de gifles en l'air, à t'insulter de tous mes mots, à te reprocher ton amour d'horloge, et tes pas de chiffres le long de l'emmuré, si loin je sais, si loin de mes nombres, mes bouts de moitié.
10 maladies de folle enfin, affamée de forces, à force de frapper la Petite conne souffrance, tabassée-bercée, et les épées au-dessus de la tête, pas tout à fait prête, pas tout de suite décapitée.
Je casserai les meubles contre mes poignets, en fureur tu verras, je ferai l'alliénée, moitié de fou, l'hystérique du moment, et personne non... personne n'en saura. On se trouve con, on se trouve bête au fond, bordel. Les heures que je pensais arrêtées reprendront leur droit, évidence, m'évitant d'avance, vidée que je serais, bue et noyée, bien avant l'aube. Et alors mon compte à rebours enrayé, rouillé pourri, breloque de ma triste gloire. Pendule-moi de nouveau, remonte-moi encore, la plus jeune sur demi jour, morceaux de soirée moins le quart.
Quelle heure Mave, dis-moi encore, dis-moi combien, dis-moi quel leurre.
Avant le noir.


                                 Elle partait souvent 10 minutes en avance.
                                 Ca faisait toujours aussi mal.


Vous
n'avez
pas
idée
de
tout
ce
qu'il
peut
se
passer
en
10 minute
                        

Publié par MavangElle

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